Publié le 2 septembre 2026 Mis à jour le 5 septembre 2026

Série d’été. Favoriser le dialogue entre la recherche et les institutions pour améliorer les politiques publiques


Rachid Pafadnam prépare un doctorat en sciences économiques au CERDI et à l’Université Clermont Auvergne. Il soutiendra sa thèse juste après les célébrations des 50 ans de notre laboratoire.

Il a été sélectionné parmi de nombreux candidats par la Banque mondiale pour participer au programme jeune-chercheur en 2026. Il répond à nos questions sur son parcours académique et cette expérience récente.

Peux-tu revenir sur ton parcours universitaire ?

J’arrive à la fin de mon doctorat que j’ai préparé sous la supervision de Samuel Guérineau. Dans ma thèse, je me concentre sur les questions de gouvernance des ressources naturelles, le financement du développement et la dette publique dans les pays en développement. Avant de rejoindre le laboratoire, j’ai obtenu le magistère en développement économique de l’Ecole d’Economie de l’Université Clermont Auvergne. Cela m’a permis de valider deux masters, un spécialisé en analyse économique, et l’autre, en analyse de projet. J’ai une licence en analyse économique de l’Université Aube Nouvelle, Ouagadougou au Burkina Faso.

Pendant ma thèse, j’ai eu plusieurs fois eu l’occasion d’approfondir mes sujets de recherche sur le terrain et de travailler avec des acteurs de la politique économique, notamment des économistes, auprès desquels, j'ai beaucoup appris. En 2024, j’ai été sélectionné par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre du programme de stage pour les doctorants. L’an passé, j’ai participé au projet de l’Université des Nations Unies consacré à la “politique économique de la fiscalité”. Et, jusqu’à très récemment, j’étais chercheur-stagiaire à la Banque mondiale.

Quelles étaient tes missions ?

Tout d’abord, je tiens à dire que c’est un très grand honneur pour moi d’être sélectionné pour participer à ce programme, et surtout de rejoindre le bureau de la Banque en République du Congo. Ce bureau est dirigé par Albert Zeufack qui m’a précédé au CERDI. Je travaillais dans l’unité “Politique fiscale et croissance” qui est dirigée par Rafael Munoz Moreno. J’ai eu le privilège de travailler avec une équipe fantastique : Cedric Deguenonvo, Jean-Pascal Nganou, Moise Tshimenga Tshibangu, et  Jeannine Nkakala Kashosi.

J’ai contribué à la rédaction de deux Economic Updates où on analyse la situation macroéconomique de la RDC et les réformes structurelles que le pays pourrait mettre en oeuvre (le 1er rapport est déjà en ligne). J’ai aussi participé à quelque chose que je connais bien en tant que doctorant, la rédaction d’articles scientifiques.

Cette expérience sur le terrain a été très bénéfique pour moi. J’ai été impliqué dans la gestion de certains projets financés par la Banque mondiale. Cela m’a permis d’observer  de près les négociations politiques en participant aux discussions entre la Banque et les représentants des ministères concernés. En tant que jeune chercheur, j’ai été ravi de participer à des actions de promotion de la science initiées par la Banque mondiale et les universités congolaises.

C’était une expérience intense et gratifiante !

Pourquoi as-tu choisi le CERDI pour effectuer ton doctorat ?

J’étais sûr que le CERDI m’offrirait un environnement de travail stimulant qui me permettrait de développer ma recherche. En effet, je savais que je pourrais facilement discuter avec les professeurs, les doctorants et les invités. Cela m’a amené à remettre en cause certaines idées, améliorer mes méthodes de recherche et à prendre un peu de hauteur sur mon travail. J’étais très heureux de recevoir des commentaires constructifs et de construire petit à petit mon identité de chercheur.

Ici, j’ai renforcé mon expertise dans le domaine du développement économique. C’est un environnement qui m’a permis aussi de développer mon réseau grâce aux séminaires et aux conférences. Au delà de la formation et des savoirs acquis, l’expérience à la Banque mondiale pendant ma dernière année de thèse est arrivée au bon moment. Cela a renforcé mon envie de poursuivre une carrière dans le domaine et de participer à la mise en oeuvre de politiques publiques qui améliorent les conditions de vie des populations.

Et, je suis, bien-sûr, très heureux de terminer mon doctorat cette année, l’année des 50 ans du CERDI !