Publié le 30 juillet 2026–Mis à jour le 30 juillet 2026
Série d'été. Cheick Camara, expert en finances publiques
Cheick Camara a soutenu son doctorat en sciences économiques à l'Université Clermont Auvergne en mai 2026. Il répond à nos questions sur son expérience récente au sein de la Banque mondiale. Il a en effet été sélectionné parmi des milliers de candidats dans le cadre du programme étudiant-chercheur.
Est-ce que tu peux revenir sur ton parcours à l'UCA ?
Je suis un pur produit de l'UCA où j'ai commencé mon parcours par une licence en analyse des politiques économiques. Ensuite, j'ai obtenu un master en finances publiques, puis un doctorat en sciences économiques.
Mon doctorat au CERDI, encadré par Bertrand Laporte et Émilie Caldeira, portait sur l'étude des politiques locales du point de vue du genre et du fédéralisme. L'an passé, j'ai été chargé d'évaluer la performance des politiques publiques européennes lors d'un séjour au Joint Research Center, le service de recherche de la Commission européenne. C'était le lieu idéal pour développer mes compétences en évaluation des politiques publiques locales. J'ai notamment analysé l'allocation des fonds européens et des politiques publiques, ainsi que leur impact sur la cohésion sociale et le développement régional.
Que faisais-tu pendant ton séjour à la Banque mondiale ?
J'ai été affecté à l'unité EAWG2, qui s'occupe des questions de gouvernance au sens large pour l'Afrique de l'ouest anglophone et la CEMAC. Dans un premier temps, j'étais chargé de l'analyse des finances publiques locales (subnational public finance) au Ghana. Ensuite, j'ai contribué à l'intégration des questions de gouvernance dans le prochain Country Partnership Framework (CPF) du Ghana et dans le Country Growth and Jobs Report (CGJR) pour ce même pays. J'ai aussi participé à la rédaction d'une directive relative à la réforme des entreprises publiques au sein du CEMAC, ainsi qu'à l'évaluation de la gestion des investissements publics au Gabon. Enfin, j'ai contribué à la construction d'une base de données sur les pratiques de classification budgétaire des dépenses publiques et sur leur transparence dans tous les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre. J'ai aussi finalisé un article de recherche : « Promises on Paper or Money Well Spent? Gender Budgeting Delivers ». C'était très intense et passionnant !
Tu as soutenu l'année du jubilé du CERDI. Selon toi, pourquoi choisir ce centre de recherche pour préparer son doctorat ?
Soutenir ma thèse au CERDI, l'année de son jubilé, m'a permis de mesurer la chance d'avoir été formé dans ce centre. Pour moi, la raison principale de choisir le CERDI, c'est la qualité exceptionnelle de l’encadrement. Je suis très reconnaissant envers mes directeurs de thèse, Émilie et Bertrand. Au-delà de la formation d'une immense exigence technique, leur accompagnement et leur rigueur m'ont transmis une solide agilité méthodologique. C’est précisément cette préparation de haut niveau qui m'a donné toutes les clés pour relever, avec assurance, les défis complexes auxquels j’ai été confronté sur le terrain, notamment au sein des institutions internationales. Grâce à des mentors comme eux, le CERDI ne se contente pas de nous former à l'excellence académique. On apprend à décrypter les réalités économiques afin d'avoir un impact concret sur les politiques de développement. C’est un cadre de recherche unique et stimulant que je recommande sans hésiter.