Publié le 31 août 2026 – Mis à jour le 31 août 2026
Série d'été. Arouna, expert du commerce international
Arouna Zorome est doctorant en sciences économiques de Université Clermont Auvergne (UCA) rattaché à notre laboratoire. Ses travaux portent sur les liens entre le changement climatique, le commerce international et les vulnérabilités macroéconomiques des économies en développement et émergentes. En 2026, il a été sélectionné parmi des milliers de candidats pour rejoindre le World Bank Group dans le cadre du programme WBG Africa Fellowship. Il collabore toujours avec les équipes de la banque en tant que consultant.
Il revient avec nous sur son parcours, son expérience de chercheur et sur ce que le CERDI lui a apporté.
Est-ce que tu peux revenir sur ton parcours universitaire ?
Après une licence en économie appliquée obtenue en Côte d’Ivoire, à l'Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo, j’ai rejoint l'Ecole d'Economie de l'UCA, où j’ai suivi le Magistère de développement économique. Ce parcours sélectif m’a permis de valider deux masters simultanément : un Master en analyse économique, parcours recherche en économie du développement, et un Master professionnel en analyse de projets de développement. Cette double formation m’a permis d’acquérir à la fois une solide formation en recherche économique et une approche plus appliquée des questions de développement, notamment dans l’analyse des politiques publiques et la gestion de projets.
Je suis ensuite à Clermont-Ferrand pour préparer ma thèse de doctorat en économie du développement au CERDI. J'ai obtenu une bourse doctorale de la Chaire Economie Industrielle de l'Emergence Africaine (chaire EIEA) de Université Mohammed VI Polytechnique (Maroc). Ma thèse porte sur les liens entre la mondialisation du commerce et les coûts économiques engendrés par le changement climatique. Je m'intéresse, entre autres, à la manière dont les évènements climatiques peuvent se transmettre d’un pays à l’autre par les échanges commerciaux. Elle est co-dirigée par Michael GOUJON (CERDI, UCA) et Ahmed TRITAH (Université de Poitiers, co-titulaire de la Chaire EIEA).
Que faisais-tu pendant ton séjour à la Banque mondiale ?
En janvier 2026, j’ai rejoint l'unité Economic Policy de la Banque mondiale dans le cadre du World Bank Group Africa Fellowship. J’ai notamment travaillé au sein de l’équipe chargée de la macroéconomie et du commerce dans la région CEMAC, aux côtés de Robert Utz et d’Aleksandar Stojanov, sur plusieurs diagnostics macroéconomiques et commerciaux aux niveaux régional et national. Une partie importante de mon travail portait sur le secteur agricole : l’analyse de la structure des échanges, des performances commerciales et des politiques tarifaires, afin d’identifier les principaux obstacles et les réformes à mener. J'ai également eu la chance d'effectuer une mission de terrain à Bangui avec l'équipe-pays de la République centrafricaine pour mener des consultations en vue de la rédaction du Rapport sur la croissance et l'emploi.
Je collabore toujours avec l'unité Economic Policy comme économiste consultant. Je les accompagne dans le travail mené sur les questions des réformes commerciales et tarifaires pour le développement du commerce dans la région CEMAC.
Il faut noter que cette expérience à la Banque mondiale est complémentaire de celle que j’avais acquise à la CNUCED en 2025, au sein de la section Facilitation des échanges. J’y ai notamment contribué au Review of Maritime Transport 2025, avec des analyses empiriques sur le rôle de la digitalisation dans la performance du commerce maritime des pays en développement.
Qu'est-ce que tu penses que le CERDI t'a apporté ?
Je dirais que le principal « plus » du CERDI, c'est cette combinaison parfaitement dosée entre une formation académique exigeante, une forte culture empirique et une ouverture très concrète sur les enjeux de développement, sans oublier les relations avec les institutions internationales.
Personnellement, le CERDI m’a apporté, plus que tout, une très solide formation en économie du développement et un perfectionnement dans l'utilisation des méthodes quantitatives. C’est un environnement dans lequel on est constamment poussé à aller au-delà de la simple description d’un problème économique. Il faut être capable de poser une question de recherche précise, de construire une méthodologie rigoureuse et d'apporter des résultats qui peuvent réellement contribuer au débat économique.
J'ai apprécié, et je continue, chaque instant passé dans ce laboratoire auprès des excellent.e.s chercheur.e.s et practicien.ne.s du développement, et je me réjouis d'avance de participer aux célébrations des 50 ans.
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