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Soutenance de thèse de Beguerang Topeur

Publié le 17 janvier 2023 Mis à jour le 18 janvier 2023
Date
Le 26 janvier 2023 De 14:00 à 16:30
Lieu(x)
Pôle Tertiaire - Site La Rotonde - 26 avenue Léon Blum - 63000 Clermont-Ferrand
Salle Pascal - 313

Soutenance de thèse. Trois essais sur l’impact socio-économique des changements climatiques en Afrique subsaharienne.

Trois essais sur l’impact socio-économique des changements climatiques en Afrique subsaharienne

Composition du jury 

Directeurs de thèse 

  • Brun Jean-François, Maître de conférences-HDR, Université Clermont Auvergne
  • Combes Motel Pascale, Professeure, Université Clermont Auvergne

Rapporteurs 

  • Bourgain Arnaud, Associate Professor, Université du Luxembourg
  • Semedo Gervasio, Maître de conférences-HDR, Université de Tours

Suffragants 

  • Mourji Fouzi, Professeur, Université Hassan II
  • Phelinas Pascale, Directrice de recherches, IRD

Invité 

  • Thakoor Jeevendranath Vimal, Senior Economist, International Monetary Fund

Résumé

Les changements climatiques entrainent diverses manifestations climatiques (températures extrêmes, précipitations aléatoires, sécheresses, inondations, tornades, etc.) qui sont dommageables. La thèse porte sur ses conséquences socio-économiques en Afrique subsaharienne. Existe-il une disparité selon les grandes zones géographiques de la région ? Comment l’importance des zones climatiques intérieures aux économies permet-elle d’amortir ou rend vulnérables les pays aux conséquences socio-économiques des changements climatiques ? Ces questions sont au coeur du présent travail de thèse qui comprend trois essais. Ils portent notamment sur la croissance du PIB réel par habitant et les changements climatiques en Afrique subsaharienne, les déterminants climatiques de l’inflation en Afrique subsaharienne et l’impact des changements climatiques sur la sécurité alimentaire dans le Sahel à travers le cas du Tchad. Le premier essai analyse les effets des changements climatiques sur la croissance du PIB réel par habitant. Il couvre 47 pays sur la période de 1980 à 2017. A l’échelle régionale, la température agit positivement sur la croissance par habitant par ses moyennes (avec un effet de seuil) et négativement par sa variabilité. La pluviométrie agit négativement par sa variance. Il existe cependant une disparité nette lorsqu’on considère les zones géographiques. Il est donc important que les politiques d’adaptation et de lutte contre les changements climatiques ou de promotion de la croissance tiennent compte des spécificités géographiques tant dans leur conception que dans leur mise en oeuvre. Le second essai porte sur les déterminants climatiques de l’inflation en Afrique subsaharienne. Il donne aussi une vue régionale et géographique de la relation entre le climat et l’inflation en Afrique subsaharienne. Elle a pour objectif de guider les décisions en manière de ciblage de l’inflation. Il apparait de manière claire qu’en Afrique subsaharienne, la pluviométrie et la température ont un effet statistiquement significatif sur l’inflation surtout par leur évolution tendancielle. La pluviométrie affecte positivement l’inflation par l’effet revenu qu’elle procure aux ménages agricoles qui représentent 60% de la population totale. La température affecte positivement l’inflation par son impact négatif sur la production c’est-à-dire par un effet d’offre. Il existe cependant une disparité nette selon les zones géographiques. Ces résultats montrent que les politiques de ciblage de l’inflation qui sont généralement monétaires ou budgétaires devraient désormais intégrer les aléas climatiques. Elles devraient aussi être sensibles aux conjonctures climatiques défavorables qui créent des chocs d’offre. Cependant les décideurs devraient faire attention à l’évolution pluviométrique favorable qui peut être source d’inflation dans le contexte d’Afrique subsaharienne compte tenu de revenus qu’elle procure à la population agricole majoritaire. Le dernier essai, qui exploite les données d’enquête du Programme Alimentaire Mondial et celles de l’Agence nationale de la météorologie, met en évidence l’effet des facteurs climatiques sur la sécurité alimentaire. Il montre que, les variables climatiques, notamment les précipitations, la sécheresse et les inondations, ont clairement une influence sur la sécurité alimentaire. Un niveau élevé de précipitations est associé à un statut de sécurité alimentaire plus élevé. La sécheresse, d’autre part, est associée à une insécurité alimentaire plus élevée. Cependant, les inondations ont des effets qui évoluent en dent de scie. Vivre dans une zone climatique défavorable expose également à l’insécurité alimentaire. Dans un contexte tchadien, les politiques publiques de développement du secteur agricole ou d’assistance à la population vulnérable devraient privilégier les zones recevant moins de 600mm de pluviométrie.

Mots-clés 

Changement climatique, croissance par habitat, inflation, sécurité alimentaire, Afrique subsaharienne, sahel, Tchad, température, précipitations, zones géographiques, zones climatiques.