Publié le 28 avril 2026 Mis à jour le 28 avril 2026
Lieu(x)
Pôle Tertiaire - Site La Rotonde - 26 avenue Léon Blum - 63000 Clermont-Ferrand

Salle Pascal - 313

Soutenance de thèse. Mesurer, évaluer et réorienter les soutiens publics à l’agriculture : un enjeu de sécurité alimentaire et de durabilité environnementale pour l’Afrique.

Abdoul Fattah Tapsoba
CERDI, UCA
Fondation FARM

Composition du jury

Pascale Combes Motel, professeure, Université Clermont Auvergne, présidente du jury
Catherine Laroche Dupraz, professeure, Institut Agro Rennes-Angers, rapporteuse
Tristan Le Cotty, chercheur, CIRED, CIRAD, rapporteur
Pierre Jacquet, professeur, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, suffragant
Astou Diao Camara, Directrice du BAME, ISRA, Sénégal, suffragante
Matthieu Brun, directeur scientifique, Fondation FARM, invité
Catherine Araujo Bonjean, chercheuse CNRS, Cerdi, UCA, directrice de thèse

Résumé

Face au double défi de garantir la sécurité alimentaire mondiale et de répondre à l’urgence climatique, cette thèse interroge l’efficacité économique et la durabilité environnementale des soutiens publics agricoles. La première partie est consacrée à l’analyse des outils de mesure de ces soutiens. Elle propose un cadre de consolidation des données pour améliorer le suivi et la comparabilité internationale des politiques de soutien et questionne leur efficacité ainsi que leurs orientations en matière de durabilité. Ainsi le Chapitre 1 surmonte une fragmentation des données internationales en les consolidant autour d’un « Observatoire mondial des soutiens publics », couvrant 93 pays représentant plus de 90 % de la valeur de la production agricole mondiale. Le second chapitre questionne l’efficacité des soutiens publics agricoles en Afrique subsaharienne. Il évalue la pertinence de la cible politique de 10 % fixée par la déclaration de Maputo sur les dépenses publiques agricoles. Les résultats mettent en évidence une relation non linéaire où le seuil d’efficacité des dépenses pour stimuler la valeur ajoutée agricole se situe autour de 14-15 %. Le chapitre 3 dresse une analyse d’économie politique globale des soutiens publics, montrant qu’en dépit des défis en lien avec le changement climatique, la majorité des soutiens publics agricoles demeure faiblement alignée avec les Objectifs du développement durable (ODD). La seconde partie change d’échelle pour évaluer l’impact de l’irrigation solaire dans la zone des Niayes (Sénégal). Le bilan carbone de 804 producteurs révèle que 85 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) proviennent des pratiques de fertilisation et non de l’énergie. L’analyse met en lumière des inégalités structurelles, notamment de genre avec les exploitations dont le chef est une femme émettant jusqu’a cinq fois plus de GES par kilo de produit, en raison de rendements plus faibles. L’évaluation d’impact par propensity score matching (PSM) montre que l’adoption du solaire réduit les émissions totales de 47 % à 57 %, essentiellement par la substitution des énergies fossiles. L’adoption partielle (solaire/fossile) se révéle inefficace pour réduire les émissions, ce qui plaide pour des politiques soutenant une transition technologique complète. Les conclusions de la thèse invitent à une réorientation structurelle des politiques agricoles, fondée sur leur efficacité et leur cohérence avec les ODD. Relever ce défi exigera non seulement de mieux mesurer, comprendre et anticiper les impacts des politiques, mais également une forte volonté politique pour les traduire en réformes efficaces.

Mots-clés

soutiens publics, agriculture, dépenses publiques, Maputo, durabilité, irrigation, solaire, émissions de GES, Afrique subsaharienne, Sénégal.

https://theses.fr/s363609