Camille Laville, doctorante en économie du développement

Publié le 15 mai 2020 Mis à jour le 15 mai 2020
Ruines. Peinture à l'huile inspirée d'une photographie de Jody Mac Donald © Camille Laville
Ruines. Peinture à l'huile inspirée d'une photographie de Jody Mac Donald © Camille Laville
Date(s)

le 15 mai 2020

PHDDOCTALK. Camille travaille sur la problématique des conflits en Afrique subsaharienne.

Camille travaille sur les origines structurelles de la violence en Afrique de l'Ouest sous la direction de Grégoire Rota-Graziosi (CERDI), Martial Foucault (CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences Po) et Thomas Cantens (Organisation mondiale des douanes).



Depuis plusieurs années, le Sahel, le nord du Nigéria et le bassin du lac Tchad sont les théâtres de conflits aux conséquences humaines et économiques désastreuses. Pourquoi certaines régions connaissent-elles une flambée de la violence ? Camille analyse les freins institutionnels à la paix ainsi que les formes de vulnérabilités économiques qui motivent les individus à rejoindre des groupes armés dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Elle intègre également des problématiques d’ordre ethnique et religieux en s’interrogeant sur les mécanismes économiques et politiques qui transforment les conflits internes en conflits religieux et/ou ethniques.

Un de ses articles va être tout prochainement publié par la Revue française d'économie, "Les causes des conflits civils : avancées récentes à l'aide de données désagrégées" [à paraître, 34(3)]. Cette revue de la littérature présente les avancées théoriques et méthodologiques sur le lien entre pauvreté et risque de guerre civile.
 

Dans cet article, je me demande si l’usage récent de données géo-référencées permet de mieux comprendre si les pays pauvres connaissent davantage de conflits du fait de leurs institutions (notamment les enjeux de contrôle du territoire) ou parce qu’une population économiquement vulnérable aura un coût d’opportunité plus faible à rejoindre un groupe armé.

Camille recherche des pistes de politiques de sécurité et de développement capables d’endiguer la montée de la violence en Afrique de l’Ouest alors que cette région fait face à des défis climatiques et démographiques croissants.

Sa thèse est financée par le ministère de la Défense dans le cadre du programme Innovation ; elle bénéficie du suivi de l'Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM). Dans cet environnement pluridisciplinaire, Camille peut confronter sa vision d’économiste à celles de spécialistes d’autres disciplines.

Au cours de sa scolarité, Camille a hésité entre plusieurs filières. Elle a débuté son parcours dans l'enseignement supérieur par une prépa D2 Cachan au Lycée Turgot. Elle a choisi de poursuivre en Magistère à l'École d'économie (Université Clermont Auvergne) où elle suit le double parcours "analyse de projets de développement" et "recherche" parce qu'elle est intéressée depuis longtemps par la question du développement économique en Afrique. Grande voyageuse, Camille a vécu dans plusieurs pays, notamment en Roumanie et au Burkina Faso, où elle a grandi. Elle a aussi exploré d'autres pays, ces expériences ayant contribué à son envie de rejoindre le Cerdi où des chercheurs travaillent sur l'Afrique subsaharienne, notamment la zone sahélienne. Camille fait rimer voyage et art ; ses voyages inspirent ses peintures, un de ses passe-temps préférés.

Durant le Magistère, elle réalise plusieurs stages sur la place socioéconomique de groupes vulnérables. Sur l'Ile de Tioman en Malaisie, elle a conduit des enquêtes sur la pauvreté et l’insertion socio-professionnelle des mères célibataires pour l'Université de Malaya. Pour le pôle Afrique du Secours catholique, elle a mené une étude sur la place de la cohésion inter-religieuse dans la montée des tensions en Centrafrique et dans la stratégie de sortie de crise. Ses travaux ont toujours porté sur le développement, la défaillance de l’État, le risque et l'instabilité. Durant son parcours, Camille a acquis une solide expérience sur le sujet. En effet, elle a également travaillé comme assistante de recherche à la Ferdi, think tank où elle a conçu des notes politiques, contribué à la rédaction du "Plaidoyer pour le Sahel" et à des papiers de recherche.

theses.fr/s189544