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Elsa Gautrain, doctorante en micro-économie du développement

Publié le 13 novembre 2019 Mis à jour le 25 novembre 2019
Date(s)

le 13 novembre 2019

PHDDOCTALK. Elsa Gautrain analyse les migrations et les structures familiales

Pourquoi avoir choisi de faire un doctorat ?

J’ai eu l’occasion d’aborder de nombreux sujets pendant ma dernière année du magistère de développement économique durant laquelle j’ai suivi le double parcours : analyse de projets du développement et analyse économique du développement (master mention économie du développement, École d’économie, Université Clermont Auvergne).

J’avais un large champ de possibilités pour appréhender ma carrière. Cependant j’ai choisi de me diriger vers la recherche, en me focalisant sur des sujets qui m’intéressent sincèrement afin d’approfondir mes connaissances et de me spécialiser. C’est pourquoi, mon choix de sujet de thèse est vraiment lié à ma curiosité personnelle autour de l’économie de la famille.

Pour obtenir une bourse de thèse, j’ai postulé au Cerdi et ailleurs. J’ai eu la chance d’obtenir un contrat doctoral au Cerdi. Simone Bertoli m’a proposé un sujet en accord avec mes envies, que nous avons ensuite développé avec Flore Gubert (DIAL). Depuis, nous travaillons ensemble pour apporter des preuves conceptuelles, théoriques et empiriques, de la flexibilité existante dans la composition d’un ménage suite à la migration d’un de ses membres. Je m’intéresse donc aux mécanismes économiques qui guident les choix de résidence des individus et les poussent à former des ménages, c’est-à-dire à partager des ressources et vivre ensemble.
 

As-tu plaisir à venir travailler dans ce laboratoire ?

Puy de Dôme vue de la Rotonde
Premièrement, j’aime venir au travail en vélo. A Clermont-Ferrand, c’est très agréable parce que je peux me passer de voiture, voire des transports en commun. J’aime mon environnement de travail, la vue sur la chaîne des Puys est très inspirante. Chaque jour est une nouvelle occasion d’admirer - ou non - le Puy de Dôme, selon le bon vouloir de la météo.

J’ai le sentiment de partager du temps avec tout le monde, les doctorants, les administratifs, les professeurs, les chercheurs invités. Ainsi, je profite de nombreux moments de convivialité et de discussions intéressantes qui font avancer mes recherches.

J’aime aussi et surtout la mixité culturelle qui est très stimulante au Cerdi. Je travaille parfois sur des contextes dont sont issus certains de mes collègues. C’est donc une belle opportunité pour moi d’en apprendre plus sur la réalité du terrain. C’est aussi un moyen d’enrichir abondamment ma playlist musicale et mon cahier de recettes.
 

Dans quels pays as-tu voyagé ? Qu’est-ce qui t’a le plus marquée ?

J’ai commencé par un stage en Colombie pendant le magistère, puis au Maroc. Ces deux stages ont été très différents.

Projet_agriculture_urbaine_Elsa_Gautrain
En Colombie, j’étais sur le terrain, je menais des projets d’agriculture urbaine avec l’association Proyectar Sin Fronteras (PSF). Je travaillais avec des personnes déplacées et démobilisées suite au conflit civil. La Colombie est l’un des pays comptabilisant le plus de réfugiés internes. A Bogota, nombreux étaient les paysans qui venaient trouver refuge en ville. L’agriculture urbaine est à la croisée des mondes rural et urbain ; de fait, elle permet d’intégrer les paysans à l’activité économique de la métropole de Bogota. De plus, l’aspect participatif du projet donnait une dimension sociale à l’action de PSF et permettait de créer du lien social, en particulier dans un quartier où les communautés étaient en conflit. Je me suis aussi beaucoup intéressée au Street Art lors de ce voyage, ce qui a révélé une grande passion chez moi et nous avons monté une exposition à mon retour de Colombie.

Au Maroc, j’ai effectué un stage de recherche au sein du Laboratoire de statistique appliquée à l’analyse et la recherche en économie (LAASARE). J’ai utilisé des données pour étudier la condition des migrants d’Afrique subsaharienne au Maroc : leur insertion socio-professionnelle, la cohésion sociale avec les natifs ainsi que l’évolution de leurs aspirations migratoires…Ce voyage m’a marquée car j’ai vécu dans une famille marocaine qui m’a permis de comprendre le pays beaucoup mieux. De plus, le Maroc est un pays chaleureux où l’on discute volontiers. J’ai donc beaucoup appris lors de ce voyage, et j’en garde de très bons souvenirs.
 

Une recommandation pour la playlist des doctorants ?

Queen Latifah, U.N.I.T.Y

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